Évolution de la mission de l’hôpital

De l’accueil des pauvres aux soins contemporains

La création des hôpitaux au Moyen-âge tire sa source dans la notion de charité chrétienne, qui évolua, à partir du XVIIIe siècle, en bienfaisance. En 1847 de Watteville, inspecteur-général des établissements de bienfaisance, écrivait, dans un rapport adressé au ministre de l’Intérieur : « Pour fonder les hôpitaux il faut une vertu que le paganisme, dans ses créations les plus ingénieuses, n’a pas même entrevue : la charité. C’est à cette vertu toute chrétienne qu’on doit ces fondations ».

De sa fondation à la Révolution française, l’hôpital Saint-Jean est plus un lieu d’asile pour les pauvres qu’un centre de soins. En 1116, il est desservi par un commandeur et six moines hospitaliers, quatre sœurs de charité étaient chargées de dispenser les soins. Il accueille les malades des deux sexes, mais aussi des passants, des vagabonds, des pèlerins, des étrangers et surtout des artisans. Jusqu’au XVIe siècle, la préoccupation se portait plus sur l’âme que sur le corps de l’hospitalisé.

Au XVIIe siècle, un dépôt est réservé aux enfants jusqu’à l’âge de 7 ans, avant qu’ils ne soient accueillis à la Miséricorde.

C’est le seul établissement de la province qui accepte d’accueillir des fous. Il reçoit aussi les malades du dépôt de mendicité et fournit remèdes, bouillon et viande aux malades et convalescents de la maison des Repenties, « maison de retraite et/ou de redressement pour les femmes de mauvaise vie ».

Par contre, il n’accueille pas les vénériens qui sont recueillis dans le dépôt de mendicité, un baraquement établi aux Tanneries, hors les murs de la ville, où l’on reçoit aussi mendiants et vagabonds. En 1868, les femmes pauvres en couches, les teigneux et les vénériens, sont imposés à l’hôpital.

Les guerres contre l’Espagne introduisent à l’hôpital des blessés et des malades militaires. C’est le début d’un grand bouleversement des soins.

C’est à partir de la Troisième République que l’hôpital prend l’importance sociale, sanitaire et médicale que nous lui connaissons actuellement.

Devenu un véritable centre de soins, il n’a cessé depuis de se moderniser, tout en gardant sa vocation sociale. Hôpital de Perpignan, son rayonnement dépasse largement le cadre de la ville et de l’agglomération pour couvrir quasiment tout le département.