Hôpital civil et hôpital militaire dans l’enceinte franciscaine

Depuis 1731, l’ancien couvent des Franciscains était devenu l’hôpital du Roy, et se partageait avec l’hôpital Saint-Jean et celui de Sainte-Claire, l’accueil des militaires blessés ou malades. Avec la guerre d’Espagne, en août 1808, il faut traiter 7 à 800 malades et blessés par jour. Or, l’hôpital civil ne peut en recevoir que 200…

Le ministère de la Guerre fonde ainsi, quelques mois plus tard, en octobre, un hôpital militaire dans l’enceinte des Franciscains (ancien hôpital du Roi). Il est géré par la commission des hospices. En 1809, une grande affluence de malades oblige les autorités militaires à demander l’évacuation de l’église Saint-François attenante aux bâtiments où reposent les effets militaires pour la convertir en salle de soin pour 250 militaires. Ainsi, à la fin du mois de mars 1809, l’établissement militaire dans son ensemble offre un local propre, sain et commode : 700 militaires y sont traités.

L’hôpital civil quitte ses locaux de Saint-Jean en 1809 pour occuper les bâtiments de la Miséricorde, rue du collège, actuelle rue Abbadie.

En février 1809, l’hôpital militaire est uni à l’hôpital civil, pour optimiser les conditions de travail, vu l’affluence des blessés militaires. En août, les maladies ravageant le 7e corps d’armée d’Espagne, l’hôpital comptera jusqu’à 1100 lits.

Les enfants de la Miséricorde intègrent les locaux de l’hospice civil et les malades de l’hospice sont transportés dans ceux de la Miséricorde (rue du Collège).

La commission des hospices obtient du ministère de la Guerre, en 1814, l’église et le terrain adjacent. Des réparations considérables sont effectuées dans tous les bâtiments.

En 1815, suite à une décision du ministère de la Guerre, l’hôpital militaire ferme. Les malades sont évacués sur l’hospice civil. Ce dernier s’agrandit très rapidement, puisque le plan cadastral de 1834 représente son emprise jusqu’aux quais de la Basse. L’actuelle rue Zamenoff n’existait pas. L’entrée de l’hôpital civil était située rue du Collège. Un long passage couvert qui jouxtait la cour des femmes menait à la cour des hommes qui s’étendait jusqu’au quai de la Basse (actuel Quai Delattre de Tassigny). Les bâtiments se développaient autour de ces deux cours.

En ce milieu de XIXe siècle, il n’est alors plus question de l’hospice civil des pauvres de Perpignan mais de l’hôpital civil et militaire de la ville.