La Miséricorde

La Miséricorde est officiellement créée en mars 1637, mais son existence est vraisemblablement antérieure.  Pour matérialiser cette fondation,  le conseil général fut assemblé,  les consuls et la Douzaine achetèrent une maison et y placèrent une Croix.

 Mais cet hôpital n’avait cependant qu’une existence nominale. Réorganisé, il fut définitivement fondé par un édit de Louis XIV du mois d’avril 1686. Il y était établi que l’institution était destinée à « recevoir les mendiants, les orphelins et les enfants abandonnés du Roussillon, de la Cerdagne et du Capcir ». Cet édit établissait aussi un hôpital général et l’unissait à celui de la Miséricorde. Cette dernière servit  de dépôt de mendicité avant de devenir, à partir de 1740, un véritable orphelinat.

L’ouverture de Notre-Dame-de-Miséricorde fut précédée d’une procession où figurèrent 360 pauvres habillés proprement de drap bleu, en présence de l’évêque d’Elne et de tout le clergé, les magistrats, le lieutenant-général des armées du roi et de la province du Roussillon, le premier consul de la ville et de nombreuses autres personnalités. Le concours du peuple fut très grand ; tout le monde louait Dieu et des cris de « Vive le Roi ! » se firent entendre tant que dura la procession.

La Miséricorde était située à l’origine « carrer de la trilla », actuelle rue Abaddie, toute proche du couvent des Franciscains.

Louis XIV se déclara être le « protecteur de cet hospice » et en confia la régie et l’administration aux consuls de Perpignan et aux deux premiers administrateurs en exercice au moment de son ouverture. Il lui accorda des droits et lui octroya des revenus et autorisa qu’il reçoive de nombreux dons et legs de particuliers. La Miséricorde reçut aussi ceux du maréchal de Mailly et de Mgr de Gouy, évêque d’Elne. Ainsi, tout comme l’hôpital des pauvres, elle sera rapidement à la tête d’un patrimoine foncier assez important.

Les enfants y sont soignés, nourris et éduqués. Jusqu’à la Révolution, des ecclésiastiques y dispensent l’instruction de base (lire, écrire, compter). Après la Révolution, les garçons fréquentent l’école des frères de la doctrine chrétienne. Les filles, quant à elles, sont instruites par des sœurs du Saint-Sacrement.