Le Couvent Sainte-Claire

Le Couvent Sainte-Claire de la passion

XVIe siècle
Edifice classé : église et cloître. Inscrit : façades et toitures des bâtiments conventuels. Propriété de la Ville de Perpignan.
Vue aérienne du Couvent Sainte Claire

Historique

Installées à Perpignan dans la deuxième moitié du XIIIe siècle, les Clarisses doivent fuir leur couvent installé hors remparts, deux siècles plus tard, pour raison de sécurité. En visite dans la ville en 1543, Charles Quint leur fait construire, à ses frais, un nouvel édifice, au pied du glacis de la Citadelle, intra-muros, dans la paroisse de La Réal. La maison porte le titre qui est dès lors gardé de Couvent royal de la Passion. Bâti avec simplicité en conformité avec la pauvreté franciscaine, de dimension modeste, le couvent est agrémenté d'une haute et large façade. A deux reprises, Louis XIV fera réparer, à ses frais, diverses parties de la clôture gravement détériorées et Louis XV interviendra pour assurer la subsistance des religieuses. A la Révolution, l'édifice est occupé par l'Armée, et sert de prison jusqu'en 1989. Malgré ces modifications d'ordre utilitaire, les constructions du XVIe siècle subsistent toujours.

Descriptif

Le plan monastique est respecté avec son église, son cloître et ses bâtiments autour malgré la situation urbaine (le terrain se trouvant sous les glacis de la Citadelle) et le désir d'économie du commanditaire.
Le cloître présente quatre galeries à claire-voie dont les arcades en plein cintre en briques, à double rouleau, permettent l'économie des colonnes et chapiteaux habituels au Moyen Age.
L'église, plus décorée, garde la simplicité du plan à nef unique. Celle-ci est couverte d'une charpente sur arcs diaphragmes et présente des croisées d'ogives sur ses espaces périphériques. Sur la clé de voûte du sanctuaire, apparaissent les armoiries de Charles-Quint (l'aigle avec les colonnes d'Hercule) et la devise plus oultre.
Dans l'espace du choeur, une peinture murale représentant des moniales et pouvant dater du XVIIe siècle, a été découverte. Peut-être cette peinture a-t-elle un rapport avec l'expulsion, en 1652, de vingt clarisses dont soeur Anne-Marie Antigo.
De nombreux cloisonnements dans les chapelles latérales sont le fait de la transformation du couvent en prison à partir de 1791.
Vue actuelle de l'entrée nord de la prison

Dans les années 1840-1850, une petite chapelle a été aménagée au centre de l'église pour permettre aux prisonniers de suivre la messe. Cette chapelle suit les caractéristiques de l'espace carcéral de la première moitié du XIXe siècle, celui du "panoptique". Ainsi, elle s'installe au centre des points de vue possibles, s'ouvre largement sur deux côtés et possède deux loges grillagées sur les deux autres côtés.