Historique

Le premier Collège de Perpignan créé en 1667 par les Jésuites, place de la République, est détruit par un incendie en 1789. L'abbé Jaubert, ecclésiastique éminent, réussit à convaincre la municipalité de fonder un collège communal et d'en prendre la direction. Ainsi, l'ancêtre du collège puis lycée Arago, le Collège Py voit-il le jour en 1807 à la limite de l'enceinte de la ville, non loin de la porte d'Assaut.

Avec le développement de Perpignan au XIXe siècle, l'établissement, qui est le seul de la ville et du département, doit s'agrandir. La municipalité, après avoir racheté un îlot de maisons dans la rue contiguë et les avoir démolies, édifie un grand bâtiment pour y installer le réfectoire et les dortoirs. Léon Baille, architecte de la ville, en établit les plans en 1898. Resté célèbre dans le département, notamment pour avoir dessiné l'hôtel du Belvédère à Cerbère, il exprime dans ce beau bâtiment scolaire à la fois beaucoup de rigueur, de pureté, de sobriété et d'élégance dans les lignes.

La construction du lycée Arago, au milieu des années 1950, désaffecte cette annexe, qui devient, plus tard, celle de l'école des Beaux-Arts, installée rue Foch.

Après une restructuration des espaces accompagnée d’une rénovation de l’intérieur du bâtiment, le Centre d’art contemporain Walter Benjamin est inauguré le 13 octobre 2013, à l’occasion du vernissage de la première exposition Entropia 1 – Métamorphose(s).
Carte postale du Collège Py.

Pourquoi nommer le Centre d’art contemporain Walter Benjamin ?

Walter Benjamin fut tout à la fois philosophe, essayiste et poète durant la 1ère partie du 20e siècle.

Qu’il s’agisse de ses réflexions sur l’histoire, de sa réfutation de l’historicisme au nom d’une histoire écrite du côté des vaincus ; qu’il s’agisse de son appel à une pédagogie libre, débarrassée des carcans idéologiques ; qu’il s’agisse de son intelligence à développer une réflexion nouvelle sur l’art et le statut de l’œuvre d’art dans les sociétés modernes de production et de reproduction technique ; qu’il s’agisse de sa mise à jour de nouvelles formes d’expression théoriques et plastiques telles qu’en témoignent les images dialectiques, toutes les analyses de W. Benjamin restent d’une remarquable modernité.

Son suicide le 26 septembre 1940 à Portbou (Espagne), est le dernier témoignage d’une conscience désespérée par la menace nazie.

Perpignan a ainsi décidé de rendre hommage à l’un des plus grands penseurs et humanistes modernes et, en ce début de 21e siècle incertain, de donner un signal fort des valeurs portées par la Ville.