La Cathédrale Saint-Jean-Baptiste

Un chef d’œuvre du gothique méridional

L'église Saint-Jean devenue trop petite, la construction d’un nouvel édifice fut initiée par Sanç de Majorque en 1324. L’effondrement du royaume de Majorque stoppa le chantier. A sa reprise au 15e siècle, le plan initial à trois nefs fut abandonné : le majorquin Guillem Sagrera, un des architectes majeurs de son temps, auteur de la cathédrale de Palma de Majorque, opta pour une nef unique de grande ampleur. Les travaux furent achevés en 1509 et l’église érigée en cathédrale en 1602. La façade fut ornée d'un porche au 17e siècle et d'un campanile en fer forgé au 18e.

Pour plus d'information

XIVe/XVe siècle Edifice classé
Adresse Place Léon Gambetta
Tél : 04 68 51 33 72

En 1324, le roi Sanche de Majorque et l'évêque Béranger d'Elne posent la première pierre de la nouvelle église paroissiale dédiée à Saint-Jean-Baptiste.
Les 2 inscriptions encastrées dans les contreforts de la 3e travée de la nef commémorent cet événement. Après la chute du royaume de Majorque, la peste noire et les guerres successives vont stopper son édification jusqu'au début du XVe siècle. En 1416, Guillem Sagrera travaille comme maître d'ouvrage de Saint-Jean. On lui attribue la construction de la belle salle capitulaire située au sud du chœur de l'église. A cette époque, on abandonne le plan à 3 nefs prévu au début de la construction pour un plan plus simple, à nef unique et chapelles latérales. Il faut attendre le 16 mai 1509 pour voir la consécration de Saint-Jean le Neuf. En 1601, la collégiale est promu au rang de cathédrale, supplantant ainsi l'ancienne cathédrale romane d'Elne. Le porche d'entrée et la tour de l'horloge avec sa très élégante cage en fer forgé datent de la 1ère moitié du XVIIIe siècle. La particularité de Perpignan réside dans la conservation de sa 1ère église de style roman aux côtés de la nouvelle église construite, elle, dans un style gothique très sobre voire presque austère.

La nef unique à 7 travées voûtée sur croisées d'ogives s'élance à 26 mètres de hauteur. Son chevet à trois absides renferme des retables de grande qualité : le retable de Saint-Pierre au nord (vers 1500), le retable de la Vierge à la Magrana au sud (1480-1490), ainsi que le beau retable en marbre du maître-autel dédié à Saint-Jean-Baptiste et sculpté par le bourguignon Claude Perret au début du XVIIe siècle dans un style encore très renaissance. Un passage aménagé conduit à la fameuse chapelle romane Notre-Dame dels Correchs. Il s'agit en fait du bras méridional de Saint-Jean-le-Vieux avec son absidiole qui a été intégré à la nouvelle construction de style gothique. Elle renferme une Vierge à l'Enfant datée de 1300.
Le riche mobilier de la cathédrale reflète l'évolution de la sensibilité religieuse à travers les siècles depuis le gothique jusqu'au néo-classique du XIXe siècle. Les peintures murales des chapelles latérales sont exécutées par Jacques PAUTHE entre 1864 et 1873, à l'exception de la chapelle de la Vierge Immaculée. Les verrières de la cathédrale ont été placées entre 1847 et 1867 dans le style néo-gothique. A noter encore les fonts baptismaux sculptés en marbre blanc, œuvre pré-romane des VIIe/VIIIe siècle provenant de l'ancienne église Sainte-Marie de Mailloles, ou l'exubérante chaire à prêcher en bois sculpté du XVIIIe siècle.
Le grand orgue, classé Monuments Historiques, date de la fin du XVe siècle. Ce prestigieux instrument comporte 58 jeux répartis sur 4 claviers et pédaliers, soit 5075 tuyaux. Les grands panneaux peints des volets d'orgue sont actuellement conservés dans la chapelle de la porte de Bethléem et datés de 1504.

Le Parvis de la Cathédrale

En 2013, le réaménagement de l’espace devant la cathédrale a été l’occasion de retrouver quelques traces des organisations successives de ce parvis : les vestiges du cimetière de la première église Saint-Jean le Vieux, des enceintes du XIe siècle, des quartiers d’habitation antérieurs à la construction de Saint-Jean le neuf, ainsi qu’un parvis en calade du XVIe-XVIIe siècle.

A la suite du transfert du siège épiscopal d’Elne à Perpignan, il convenait que la façade de Saint-Jean le neuf, devenue cathédrale, et inachevée jusque là, soit un tant soit peu magnifiée : on adjoignit donc un porche de type classique directement sur le mur ouest de l’édifice et, en 1631, on construisit un parvis surélevé de trois marches, entouré d’un parapet de marbre et dont l’entrée vers la place (alors « place d’armes ») était flanquée de deux statues.  Ce parvis, démonté au début du XXe siècle a été évoqué au sol en pierre et en galets.

Les deux statues, disparues durant le XVIIIe siècle et la tourmente révolutionnaire, commémoraient l’épreuve du siège de Perpignan en 1475, lors de l’annexion française de Louis XI et étaient accompagnées d’inscriptions dont le texte rédigé en latin a été restitué sur les dalles modernes. La traduction française a été indiquée ci après pour plus de compréhension.

Au nord, un vieil homme tenant dans les plis de sa robe un chien, un chat, un rat et un enfant à moitié dévoré, représentait l’allégorie de la fidélité des Perpignanais :

(Dalle nord)

  • INNATA FIDELITAS IN CORDE PERPINIANENSIUM

La fidélité est innée au cœur des Perpignanais

  • EN CIBUS ET ESCA PERPINIANENSIUM PRO SERVITIO REGIS ET PATRIAE

Voici la nourriture et les aliments des perpignanais pour le service du roi et de la patrie

Au sud, une allégorie de la Ville de Perpignan combattante, avec un casque et un bouclier :

(Dalle sud)

  • FIDEM A SANCTO PAULO, FIDELITATEM A NATURA, CONSILIUM A MEIS, ARMA A VICTORIIS, TITULUM FIDELITATIS A SERVITIIS, CLAVEM ET MURUM HISPANIAE AB OBEDIENTIA SUSTENTO

Je tiens la foi de Saint Paul, la fidélité de la nature, le conseil des miens, les armes de mes victoires, le titre de Fidelissime de mes services, par mon obéissance je suis la clé et le mur de l’Espagne

Enfin, une inscription se déroulait sur les faces latérales se faisant face des deux piédestaux :

(Dalle centrale)

  • FIDELISSIMA URBS PERPINIANENSIS FUNDATA ANTE ADVENTUM CHRISTI DCCCLXXX ANNOS. PER XIIII COMITES GUBERNATA AB ANNO DOMINI DCCC USQUE AD MCLXXII
  • GUBERNATA PER ARAGONUM REGES AB ANNO MCLXXII USQUE AD MCCLXII. PER REGES MAIORICARUM AD MCCCXLIIII. ITERUM PER REGES ARAGONUM AD MCCCCLXII QUAE FUIT PAR GALLORUM TYRANNICE OPRESSA USQUE AD MCCCCXCIII QUAE FUIT REGI ARAGONUM RESTITUTA

La Fidelissime ville de Perpignan fut fondée 880 ans avant la venue du Christ. Gouvernée par quatorze  comtes, de l’an du Seigneur 800 jusqu’à 1172. Gouvernée par les Rois d’Aragon de l’an 1172 jusqu’en 1262. Par les Rois de Majorque jusqu’en 1344. De nouveau par les Rois d’Aragon jusqu’en 1462, où elle fut tyranniquement opprimée par les Rois de France, jusqu’en 1493 où elle fut restituée aux Rois d’Aragon.

  • ECCLESIA VETUS SANCTI JOANNIS CONSECRATA ANNO MXXV

L’église vieille de Saint Jean [Saint-Jean-le-Vieux] a été consacrée en 1025.

 

La Chapelle du Dévot Christ

La construction de cette chapelle remonte aux années 1534-1543. Elle fut érigée pour accueillir le célèbre Christ rhénan du début du XIVe siècle, œuvre majeure de l'art européen. Cette sculpture est précisément daté de 1307 grâce au texte d'un parchemin qui se trouvait dans la cavité reliquaire située dans le thorax.

Horaires d'ouverture : 
dim : 11:00 - 18:30
lun : 11:00 - 18:30
mar : 11:00 - 18:30
mer : 11:00 - 18:30
jeu : 11:00 - 18:30
ven : 11:00 - 18:30
sam : 11:00 - 18:30
Type de patrimoine : 
Patrimoine religieux
Période : 
Moyen âge
Quartier : 
Saint-Jean
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