Le couvent des Dominicains

Un ensemble bien conservé

Les Dominicains se sont établis à Saint-Jacques en 1240 pour encadrer la population installée hors de la première enceinte. La grande église gothique couverte en charpente, un des deux cloitres et la chapelle capitulaire nous sont parvenus assez bien conservés, malgré des incendies dévastateurs et une longue occupation de l’Armée en partie dès avant la Révolution française. Paradoxalement l’occupation militaire a sauvegardé cet ensemble remarquable, le seul des quatre couvents des ordres mendiants qui nous soit parvenu. L’église, devenue propriété de la ville, fut restaurée dans les années 1980.

Pour plus d'information

XIIIe/XIVe siècle
Edifice classé
Propriété de la Ville de Perpignan.
La fondation du couvent royal des Dominicains de Perpignan remonte à 1245. En 1243, Jacques le Conquérant, roi d'Aragon et comte de Barcelone, offre à Pons de Lesparre, prieur de l'ordre de saint Dominique(1) , l'ancienne maladrerie des lépreux pour y établir une maison religieuse.
Vers 1277, la construction du couvent est bien avancée avec une église, un cloître et une grande salle capitulaire parfois utilisée pour la signature d'actes royaux d'importance (signature du traité par lequel Jacques II de Majorque reconnaît à Pierre III d'Aragon, la suzeraineté de son royaume sur celui de Majorque).
Aux alentours de 1300-1330, des travaux et aménagements agrandissent l'ensemble conventuel. A cette occasion, l'église reconstruite plus large et plus haute, s'enrichit d'un décor sculpté de qualité. En 1558, un incendie détruit de nombreux bâtiments dans le couvent, faisant malheureusement disparaître les archives de la communauté.
A partir du XVe siècle, l'établissement des frères prêcheurs de Perpignan s'engage dans une longue période de décadence qui s'amplifie en 1659 après la signature du traité des Pyrénées.
Au cours du XVIIIe siècle, les frères peu nombreux louent à l'armée une partie du cloître et deux grands appartements pour y entreposer des denrées alimentaires. En avril 1791, la loi de sécularisation des religieux provoque le départ définitif de la communauté.
Actuellement, l'ancien couvent est toujours en partie occupé par l'armée (ancienne caserne du Genie militaire). L'église, encore appelée localement " chapelle Saint-Dominique ", sert d'espace d'expositions et accueille différentes manifestations culturelles pendant l'année.

Architecture

L'ensemble conventuel se compose d'une grande église, d'un cloître, d'une somptueuse salle capitulaire et d'un cloître funéraire, ainsi que de différents bâtiments (réfectoire, cuisine, dortoir…) destinés à la vie quotidienne.
L'église à nef unique est flanquée de chapelles privées logées entre ses contreforts. La nef est couverte de charpente sur arcs diaphragmes maçonnés. Le transept saillant voûté sur croisée d'ogives (26 mètres de hauteur) est actuellement privé de son croisillon nord. Des sculptures très fines ornent les parties hautes de l'église. L'entrée actuelle, située au nord, communique avec la galerie orientale du cloître, seule accessible au public aujourd'hui.
La construction du cloître remonte au début du XIVe siècle. Ses 4 galeries ont été presque entièrement reconstruites au XVIe et XIXe siècles. Au XVIIe siècle, les claires-voies sont voûtées en vue de la construction d'un cloître supérieur.
L'édifice actuel est le résultat de ces nombreux remaniements. La grande salle capitulaire du couvent s'ouvre sur la galerie orientale du cloître. Elle possédait un riche portail sculpté flanqué de deux fenêtres basses en marbre blanc de Céret. Enfin, le cloître funéraire du XIVe siècle, se trouvait sur le flanc sud de l'église, près de l'entrée primitive du couvent (place de la Révolution Française). Il fût détruit lors de la construction de la chapelle du Tiers-Ordre de Saint-Dominique en 1774.

(1)L'ordre de saint Dominique est fondé en 1215. Les dominicains, également appelés " frères prêcheurs ", ont pour fonction première la prédication alors considérée comme la seule arme efficace pour lutter contre l'hérésie. Cet ordre mendiant a joué un rôle important dans l'histoire de l'inquisition en Roussillon dès le milieu du 13e siècle.

Type de patrimoine : 
Patrimoine religieux
Période : 
Moyen âge
Quartier : 
Saint-Jacques
Voir tous les :