La chapelle du Tiers ordre de saint Dominique

Le temple décadaire

La chapelle du Tiers-Ordre du couvent des Dominicains fut achevée en 1774. C'est l'un des rares exemples d'architecture Louis XVI en Roussillon. On distingue trois niveaux superposés de décor peint : au thème religieux initial du peintre Jacques Gamelin succéda sous le Directoire une iconographie révolutionnaire de temple décadaire, unique en France, avec la déesse Minerve trônant  au centre du chœur. Le décor fut à nouveau modifié sous la monarchie de Juillet par l’Armée, occupante des lieux. Transformé en chapelle de la garnison, l’édifice fut rétrocédé à la commune à la fin du 20e siècle.

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XVIIIe siècle
Edifice classé
Propriété de la Ville de Perpignan

Au sud de l'église des Dominicains, sur la place de la Révolution Française autrefois plaça dels predicators, se trouve l'ancienne entrée du couvent.
Entre ce portail et celui de l'église se trouvait un petit cloître mentionné en 1311, dont il ne reste que quelques vestiges (un pilier, deux arcades et une pierre tombale). Sur son emplacement, le tiers ordre de saint Dominique fait élever, à la fin du XVIIIe siècle, une chapelle. En 1846, cette dernière sert de tribunal lors du jugement des Trabucayres, bande de brigands catalans qui avait semé la terreur dans le département.
Jusqu'à peu, la chapelle servait de lieu de culte à la fois pour les militaires de la caserne Mangin et les chrétiens orthodoxes.

Cette église, de petite dimension, est dotée d'une nef unique et de chapelles latérales surmontées de tribunes aux balcons de fer forgé agrémentés de trophées typiques de la fin du XVIIIe siècle. L'ensemble de la décoration intérieure est directement inspiré de l'art classique avec des pilastres cannelés, des chapiteaux de style ionique et des arcs et corniches moulurés, le tout en stuc blanc.
Seule l'abside de la chapelle a été peinte et présente "La lutte des Dominicains contre l'hérésie", œuvre picturale saisissante signée Jacques Gamelin(1). Elle est mise en valeur par un décor d'architecture et de sculptures en grisaille réalisés en trompe-l'œil. Des figures allégoriques et des scènes exaltant la liberté et la justice encadrent la déesse Raison placée sous un dais. Le drapé est retenu par des angelots tenant les emblèmes de la franc-maçonnerie. Il semblerait que les peintures furent achevées ou transformées pendant la Révolution. En effet les églises servaient alors de temples dédiés à la raison ou de lieux d'assemblées maçonniques.

JACQUES GAMELIN (1738†1803)
Né à Carcassonne (Aude) le 3 octobre 1738, Jacques Gamelin est considéré comme un des meilleurs artistes du Midi. Protégé par le Marquis de Puymaurin, il étudie à Toulouse avec Rival, vient à Paris où il remporte le grand prix de peinture avant de se rendre à Rome pour parfaire son éducation artistique avec David et Vien. Gamelin se marie à Rome, est nommé peintre du pape Clément XIV et professeur de l'Académie de Saint-Luc. En 1774, on l'appelle à Toulouse pour être professeur à l'Académie. Deux ans plus tard, la direction de l'école de Montpellier lui est confiée. A la Révolution, Gamelin devient peintre militaire. Il est attaché au général Dugommier à l'armée des Pyrénées-Orientales, avec le grade et la solde d'un capitaine du Génie. Il peint alors : "Le camps de l'Union" et "La Bataille de Peyrestortes" qui présentent un grand intérêt pour l'histoire locale. De 1784 à 1785, Gamelin exécute à Perpignan des peintures dans la cathédrale et dans la chapelle de la Conception. Lorsqu'il meurt à Carcassonne (Aude) le 12 octobre 1803, il est professeur à l'Ecole Centrale de l'Aude.

Horaires d'ouverture : 
dim : 10:30 - 18:00
lun : Fermé
mar : 10:30 - 18:00
mer : 10:30 - 18:00
jeu : 10:30 - 18:00
ven : 10:30 - 18:00
sam : 10:30 - 18:00
Type de patrimoine : 
Patrimoine religieux
Période : 
Epoque moderne
Quartier : 
Saint-Jacques
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