Le couvent des Grands Carmes

La forte empreinte de l’Armée

Du grand couvent des Carmes édifié vers le milieu du 13e siècle ne subsistent que les vestiges de l’église Sainte-Marie,  fortement endommagée par une explosion et un incendie en 1944, le chœur et la nef s’étant effondrés vingt ans plus tard. En partie loués à l’Armée au début du 18e siècle, les bâtiments conventuels furent transformés en arsenal en 1792. Le cloître, démonté et vendu en 1838, fut reconstitué chez un châtelain, dans l’Aude : un marquage au sol en indique l’emplacement. Des fouilles archéologiques, au début du 21e siècle, révélèrent l’existence d’une crypte du 15e siècle devant le chœur.

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XIVe siècle
Edifice classé : portail extérieur, façade Nord, église
Propriété de la Ville de Perpignan.
Adresse Rue Jean Vielledent

Les Carmes s'établissent en 1270 sur le vieux chemin de Canet, hors les murs de Perpignan tout comme les autres ordres mendiants. Leur couvent, Sainte-Marie du Mont Carmel, d'abord très modeste, est alors au plus près des populations des nouveaux quartiers de la ville. Les puissants du Roussillon font bénéficier la communauté de leurs largesses. Jacques Ier de Majorque concède, à perpétuité, l'eau d'une source jaillissant du fossé du château royal de Perpignan, qui devient la fontaine des Carmes.
La grande église est construite en 1325 et un premier cloître est érigé au sud de cette dernière entre 1333 et 1342. Dès 1710-1715, l'armée occupe une grande partie de l'établissement conventuel. Après 1776, les moines acceptent la démolition de certains bâtiments comme le cloître, la cuisine, les réfectoires, les divers appartements pour la construction de l'Arsenal royal. Après la Révolution, l'armée occupe la totalité des locaux et ce jusqu'en 1999. Au XIXe siècle, le cloître est démantelé, racheté puis reconstruit au château de Villemartin dans l'Aude. Il ne reste que l'église aujourd'hui en ruine, les enfeus de l'ancien cloître, la fontaine souterraine et le portail de forme ogivale.
On note qu'un des moines du couvent, le fameux Gui de Terrena ou Gui de Perpignan, fut général de l'Ordre des Carmes puis évêque de Palma de Majorque et enfin évêque du diocèse d'Elne Perpignan. Les reliques de saint Honorat, jusqu'alors dans le couvent, furent transférées à l'église Saint-Jacques en 1791.

La très grande nef unique de l'église conventuelle fut achevée en 1325 et couverte en charpente en 1343. Cet édifice est aujourd'hui en ruine : seules trois travées sur huit sont couvertes car un incendie en 1944 a détruit la toiture ainsi que la tribune en bois sculpté et peint. Puis en 1961, s'est produit l'effondrement du couronnement du chœur voûté. On peut encore voir les sculptures des chapiteaux et des clefs de voûtes représentant des motifs de feuillages, d'animaux fantastiques, de saints et de blasons.
Un portail gothique en marbre polychrome rose et blanc sculpté de monstres fantastiques est orienté au nord de l'église face au parvis.
Un cloître polychrome en marbre gris et blanc existait sur le flanc méridional de l'église : il fut construit de 1333 à 1342 et ses décors furent sculptés par Arnaud de Peyrestortes de l'ordre du Carmel. Ce cloître couvert en charpente abritait notamment des enfeus peints dont certains subsistent encore. Le cloître fut déposé et entièrement reconstruit en 1830 au château de Villemartin dans l'Aude.

 

Type de patrimoine : 
Patrimoine religieux
Période : 
Moyen âge
Quartier : 
Saint-Jacques
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