L'église Notre-Dame-la-Réal

La paroisse des Rois de Majorque

Fondée au début du 14e siècle à proximité du palais royal, Notre-Dame-la-Real est l'une des trois nouvelles paroisses de la ville majorquine. Cette église à nef unique typique du gothique méridional accueillit en 1381 un prieuré d'Augustins dont l'abbé avait rang d'évêque. Lors du Grand Schisme d’Occident, Benoît XIII, le dernier pape d'Avignon, originaire d’Aragon, y convoqua un concile en 1408. Après les destructions révolutionnaires, l’église retrouva son mobilier. Dénommée « la Sainte-Marie Majeure de Perpignan » à la fin du 19e siècle, sa restauration est achevée depuis 2012.

Pour plus d'information

XIVe siècle
Edifice classé
XIV-XVIIe-XVIIIe, XIXe siècle
en totalité
Propriété de la Ville de Perpignan.
Cette église, paroisse du Castelle real ou château royal, date des premières années du XIVe siècle. Elle est construite à l'initiative des consuls de la ville sur les anciens cloître, cimetière et église des Frères de la Pénitence de Jésus-Christ. En 1338, le pape Benoît XII y institue une collégiale composée de douze chanoines séculiers, douze prébendés, vingt prêtres et huit clercs. En 1408, au temps du "grand schisme d'Occident", l'église accueille le concile présidé par le dernier pape d'Avignon, Benoît XIII. En 1540, sur ordre du gouverneur, le clocher-tour est rasé. En effet, ce dernier est le symbole, avec le clocher de l'église Saint-Jacques, de la rébellion populaire envers les troupes de Don Francisco de Piamont, Capitaine général de la Citadelle. Il faut attendre 1547 pour que la reconstruction du clocher de l'église soit autorisée.
La Révolution est une période néfaste pour la paroisse de la Réal qui est la première à être supprimée sur pétition de la municipalité révolutionnaire. L'église sert alors d'atelier d'artillerie.
L'organisation religieuse du Département n'est rétablie qu'à partir de 1804 par l'évêque de Carcassonne, Monseigneur de Laporte. L'église de La Réal redevient alors siège paroissial.

L'église semble avoir conservé l'essentiel de son architecture originelle de la première moitié du XIVe siècle. Sa nef unique, primitivement couverte d'une charpente apparente a été masquée au milieu du XIXe siècle, par de fausses voûtes plâtrées. Cette nef est rythmée par huit travées séparées par sept arcs diaphragmes en tiers-point. Chaque travée accueille deux chapelles latérales voûtées de croisées d'ogives. L'abside polygonale à sept pans et six contreforts, plus basse et plus étroite que la nef, est voûtée d'ogives.
Ouvrant sur l'ouest, un portail daté de 1623 remplace celui en marbre blanc de Céret, du XIVe siècle, visible à l'entrée méridionale de l'église Saint-Jacques.
La cuve des Fonts Baptismaux, de la première moitié du XIVe siècle, en marbre blanc, est sculptée en haut-relief des figures du Christ, de saint Jean-Baptiste et des Apôtres, représentés sous des arcades trilobées.
A noter également, une remarquable "Mise au tombeau" en bois sculpté polychrome datant du XVe siècle et dont les statues du Christ gisant, de la Vierge, de Marie Salomé, Madeleine, saint Jean, Nicodème et Joseph d'Arimathie sont grandeur nature et de nette influence franco-bourguignonne.
Le retable de saint Joseph est une œuvre néo-classique du sculpteur Pierre Navarre, signée et datée de 1730. D'autres retables néo-classique sont représentatifs de la première moitié du XIXe siècle, parmi lesquels celui du maître-autel consacré à Notre-Dame des Anges, dû au sculpteur François Boher (†1825), où furent remployées des colonnes de marbre de Caunes, provenant du monastère de la Grasse.
Un bas-relief du XVe siècle, don d'un paroissien en 1927, pourrait provenir de l'ancien retable en pierre sculptée du maître-autel. A moins qu'il ne s'agisse du retable primitif dédié à la Vierge, situé dans la tribune (chœur occidental surélevé). Ce bas-relief représente la Vierge Marie entourée d'un concert angélique.

Salle du Concile

A l'est du transept nord et juxtaposée au contreforts du chevet, cette salle, axée est-ouest, est constituée de deux travées couvertes sur croisées d'ogives. La modénature des nervures de la voûte (de section polygonale) et les deux clefs de voûte sculptées aux armes de la dynastie de Majorque permettent de dater la pièce de la première moitié du XIVe siècle. C'est probablement le vestiarium où la communauté avait coutume de se réunir, selon un texte de 1432.

Horaires d'ouverture : 
dim : 11:00 - 18:30
lun : 11:00 - 18:30
mar : 11:00 - 18:30
mer : 11:00 - 18:30
jeu : 11:00 - 18:30
ven : 11:00 - 18:30
sam : 11:00 - 18:30
Type de patrimoine : 
Patrimoine religieux
Période : 
Moyen âge
Quartier : 
La Réal et le Palais des rois de Majorque
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