Monument aux morts de 1870-1871

Monument aux morts de la guerre de 1870-1871, de l'architecte Ferreol Carbasse (1857-1906) et du sculpteur Jean-Baptiste Belloc (1863-1919), érigé et inauguré en 1895.

Pour plus d'information

2015 marque les 120 ans de l'inauguration de ce monument et les 50 ans de son déplacement de la promenade des Platanes au boulevard Jean Bourrat.

Le souvenir des morts de la guerre de 1870-1871

Le traité de Francfort du 10 mai 1871 met un terme à la guerre qui a opposé les Français et les Prussiens du 18 juillet 1870 au 28 janvier 1871. Son article16 stipule que les deux États signataires s'engagent à entretenir les tombes des victimes du conflit.

Entre 105 000 et 140 000 militaires français - et au moins autant d'Allemands - y trouvèrent la mort. Souvent dépourvus de plaque d'identification, ces soldats furent le plus souvent ensevelis anonymement, dans des tombes collectives.

En vertu de la loi du 4 avril 1873, relative à la conservation des tombes des soldats morts pendant cette guerre, l'État français a acheté et aménagé des parcelles de cimetières communaux, fermées de grilles de fonte et marquées d'une plaque « Tombes militaires - Loi du 4 avril 1873 ». Des ossuaires surmontés d'un monument ont également été construits.

L'érection du monument

De retour de la guerre où il a combattu sous les ordres du colonel Falcon avec la légion des gardes mobiles des Pyrénées-Orientales, le capitaine Jules Devaux nourrit le projet d'ériger un monument à la mémoire des enfants du département morts lors de ce conflit. Il préside un Comité du Monument commémoratif afin de lancer une souscription publique et recueillir les dons. Sur une proposition de M. Pochon, le conseil municipal du 29 juin 1894 vote une contribution de 15 000 francs. D'autres municipalités, des particuliers et le président de la République Félix Faure versent également une contribution. Parallèlement, un appel lancé aux communes vise à recenser les noms à partir des registres d'état civil.

Le projet du monument est confié à l'architecte Ferreol Carbasse (1857-1906) et au sculpteur Jean-Baptiste Belloc (1863-1919), qui se sont connus à l'école des Beaux-Arts de Paris en 1882-1883. Le fondeur est Capitain. Le marché des travaux est confié aux entrepreneurs Lacombe et Rousseau.

Le monument est érigé en haut de la promenade des Platanes, à l'emplacement actuel du Palais des congrès. La première pierre en est posée le 25 mars 1895, à 17h. Un tube de terre inclus contient le procès-verbal de cette cérémonie, une médaille de saint Antoine de Padoue et la composition du comité d'honneur.

L'inauguration a lieu le 12 août 1895, en présence du ministre des Travaux publics, M. Dupuy Bontemps, du préfet, M. Bonhoure, du maire, M. Eugène Bardou, des artistes et artisans. Une foule nombreuse y assiste. Trois cantates spécialement composées pour cette occasion par Edmond Sivieude sont chantées. Un document reprenant une gravure du monument, les noms gravés et les textes des cantates est publié. Une médaille commémorative est gravée.

L'œuvre

Le monument se compose d'une base, d'une colonne en pierre de Sens et d'une statue en bronze qui évoque « la paix armée », l'épée signifiant la vigilance voire la revanche, plutôt qu'une victoire puisque la France a perdu la guerre.

A la base sont définis trois secteurs relatifs aux trois arrondissements du département, surmontés chacun d'un blason : saint Jean-Baptiste pour Perpignan, saint Pierre pour Prades et les deux clefs entrecroisées de saint Pierre pour Céret.

Les noms des morts sont répartis en 29 colonnes, ceux des officiers puis des sous-officiers en tête, ceux des soldats ensuite. A l'origine, ils étaient groupés par commune, mais des noms furent ajoutés un an après l'inauguration. En effet, en 1896, le Conseil Général a émis le vœu d'y graver 102 noms supplémentaires. Le conseil municipal du 27 mai a approuvé cette dépense qui a été supportée par la Ville puisque le comité de souscription était dissout. Aujourd'hui un total de 301 noms, plus ou moins lisibles, sont gravés sur le monument.

Le déplacement

Suite au projet de la construction de la « Maison des jeunes » (actuel Palais des congrès), le conseil municipal de juillet 1963 décide le déplacement du monument en haut du boulevard Jean Bourrat où un jardin est aménagé en bordure d'un talus. Cela implique la réalisation d'une plateforme par l'entreprise Balency et Schul, le démontage et le remontage du monument par l'entreprise Escaffre.

La restauration

En 2014, la restauration du monument est confiée à l'entreprise Py. Elle procède à un nettoyage complet de la pierre et du bronze en refaisant tous les joints et consolide les décors fortement dégagés par la présence de sels. Vu la fragilité de la pierre et la difficulté à retrouver la totalité des noms, les gravures n'ont pas été refaites.

Type de patrimoine : 
Patrimoine civil et militaire
Période : 
Epoque contemporaine
Quartier : 
Enceintes et nouveaux boulevards
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