les Unes 
Perpetuer l'âme des bâtisseurs
Répondre à la croissance démographique, à l’arrivée de la population rapatriée d’Algérie, au besoin de modernité de la ville... C’est ainsi que de ces terres viticoles ont jailli des logements, des équipements sociaux, sportifs... Mais surtout sont arrivés des hommes et des femmes qui ont créé une ambiance solidaire et heureuse, perpétuée au fil du temps et unique en son genre.
La France des années 60 et la ville de Per- pignan en particu- lier souffraient d’une grave crise du logement. Les demandes s’entassaient dans les bureaux des offices HLM, l’accession à la propriété n’était possible que pour les ménages dont les re- venus étaient supérieurs à la moyenne.
Né dans un contexte de crise du logement
Outre cette situation Perpignan avait besoin de lancer une vaste opération immobilière pour répondre aux demandes et développer ainsi sa population. De nombreux habitants des villages de la plaine du Roussillon venant travailler à Perpignan cherchaient à se loger à proximité de leur lieu de travail. C’est dans ce contexte difficile, que le Maire de Perpignan Paul Alduy décide de créer un nouveau quartier à 2 km au Sud de la ville sur des terrains agricoles, une ville nouvelle. Un projet qui serait porté directement par la Ville par l’intermédiaire d’une structure appropriée : la S.I.V.P. (Société immobilière de la Ville de Perpignan). La première grande idée de cet élu visionnaire était de compter une population de propriétaires. Le projet consistait à construire de petit collectifs qui seraient ven- dus en co-propriété, premier élément de la parfaite réussite de ce programme.
Un projet accessible à tous
Pour Paul Alduy, le projet de son quartier du Moulin à Vent doit être accessible, ouvert à tous les salariés aux revenus moyens ou modestes qui souhaitent accéder à la propriété. Il doit permettre aux professions intermédiaires qui sont sou- vent logées dans des H.L.M. de pouvoir acquérir leur logement et de libérer ainsi leurs appartements à des personnes qui ont moins de revenus qu’eux.
Outre la création d’un nouveau quartier, c’est aussi un plan social d’envergure qui est ainsi lancé.
C’est le 12 juin 1962 que les travaux commencent par la construction d’une première tranche de 350 logements. Les habitants découvrent des conditions particulièrement exceptionnelles. L’apport personnel est limité à 10 % et il est possible d’emprunter jusqu’à 90 % du prix du logement. Dès les premiers mois, c’est un énorme succès, les réservations sont enregistrées à un rythme jamais vu à Perpignan. Une seconde tranche est lancée, celle de la devenue célèbre « Rambla du Vallespir » qui va prévoir des locaux commerciaux protégés du soleil ou des intempéries par une galerie.
Nouvelle ville méditerranéenne
Autre élément de la réussite de ce projet est celui que Paul Alduy exprimera tant de fois. Il a souhaité une nouvelle ville méditerranéenne, avec des ramblas, des commerces, de petits collectifs avec terrasses et balcons, d’importants espaces verts avec des essences méditerranéennes, des placettes, des espaces réservés pour des équipements sportifs et culturels, des services... La ville nouvelle préservera la configuration du terrain afin d’éviter la monotonie des bâtiments. Les collectifs n’excéderont pas 5 niveaux, sauf quelques tours de 10 niveaux dont le positionnement est particulièrement optimisé. Tout est conçu, imaginé, inven- té pour créer un environnement agréable et convivial. Les bordures d’immeubles sont agrémentées de plantes et arbres, le plan de circulation est imaginé avec des ramblas et de petites rues avec de nombreuses places de stationnement.
Des équipements de proximité
Au fil des années, toujours sous l’œil attentif de Paul Alduy qui décide d’ailleurs de s’installer dans ce quartier, le Moulin à vent prend toute sa dimension dans la ville. L’opération immobilière s’achève en 1977. Elle aura permis de construire 3 788 logements (en majorité des 4 et 5 pièces) sur 150 hectares, de loger 15 000 personnes. Le succès du Moulin à Vent conduira la S.I.V.P. à lancer une autre opération qui portera le nom de Vertefeuille.
L’installation de commerces, essentiellement dans un pre- mier temps sur la Rambla du Vallespir, sera ensuite complétée par le centre commercial de Vertefeuille, évitant que ce quartier ne devienne une cité dortoir. Faire en sorte que les relations entre voisins ne se bornent pas à de brèves salutations dans les cages d’escalier sera aussi un objectif majeur. C’est ainsi que le plan d’aménagement urbain prévoit la réalisation d’équipements de proximité, école, centre aéré, crèches, bibliothèque municipale, des salles pour les asso- ciations. Dès la création du Moulin à Vent, la vie associative se développe intensément. Les clubs de sports attirent de nombreux jeunes et moins jeunes. Une vie de village va rapidement se créer autour d’un clocher celui de l’église du Moulin. Une vraie vie qui va nécessiter l’extension et la construction de nouveaux équipements et salles.
Aujourd’hui, l’évolution continue, pour preuve la récente restructuration des anciens locaux de la Baratina en une mairie de quartier accueillante et fonctionnelle pour tous.
Publié le : 14 juin 2012





























