Une ville archipel

Equidistante de Barcelone, Toulouse et Montpellier, la ville de Perpignan se situe au centre d'un territoire d'un million d'habitants entre Narbonne et Gérone, bordée à l'Est par la Méditerranée. Le projet urbain global, dont l'ambition est de redonner à cette zone du dynamisme et de l'attractivité, est fondé sur la notion d'archipel.

Derrière le concept d'archipel, il faut entendre la volonté de maintenir une organisation discontinue de l'urbanisation, où chaque commune, chaque village, restent des îles avec leur identité, leur vie sociale, politique et culturelle propres mais solidaires, constituant un archipel - la communauté d'agglomération - pour offrir à leurs concitoyens l'accès à un bassin d'emploi puissant et diversifié, à des services publics et marchands de niveau métropolitain.

Ce projet, par nature, s'oppose au développement en tâche d'huile et à une agglomération sans discontinuité. Il impose un effort particulier de l'ensemble de la communauté pour préserver les trames vertes et bleues à travers les diverses procédures d'aménagement, une action foncière volontariste et un soutien à l'agriculture et viticulture périurbaines. Cet archipel représentera à terme 300 000 habitants.

Cette problématique couvre des enjeux majeurs au titre du développement durable pour le territoire et plusieurs actions sont prévues dans le cadre de cette convention-cadre.

1. Urbanisme et gestion de l'espace.

La première priorité porte sur la nécessité d'adopter désormais des stratégies d'aménagement économes en matière de consommation d'espace. C'est un objectif ambitieux au regard de la pression démographique, qui ne se dément pas, et des modalités d'urbanisation à l'oeuvre aujourd'hui. Plusieurs axes seront privilégiés :

  • La limitation de l'extension urbaine et de la densification des espaces urbanisés ou à urbaniser: Le PLU dont la procédure d'approbation s'achève fait un pas dans ce sens, essentiellement dans les nouvelles zones: développement de nouvelles zones à urbanisation différée et augmentation de la densité dans les quartiers en cours de transformation, expérimentation de nouvelles formes urbaines. Le besoin de réviser les différentes procédures de planification urbaine (SCOT, PDU, PLU.,,) sera examiné à la lumière du contenu de la convention-cadre pour la période considérée 2008-2015.
  • La conception des urbanisations nouvelles doit mettre en oeuvre les concepts du développement durable, c'est-à-dire être pensée globalement sous ses différents aspects habitat, activités, déplacements". La charte pourrait prendre un engagement sur la création de trois éco-quartiers d'ici 2015 d'environ 400 logements chacun. Implicitement, cette orientation pourrait conduire la ville à accroître son engagement dans l'action foncière et à développer des procédures publiques, type ZAC ou lotissement communal.
  • Le principe de non urbanisation en zones inondables à aléa fort ou très fort et de maintien des champs d'expansion des crues.

Ces ZAC ou lotissements publics seront l'occasion de donner des exemples de composition urbaine, d'organisation architecturale, de choix dans les matériaux et les techniques utilisées, et de conception des espaces verts qui favorisent la densité, l'économie d'énergie et de ressource en eau.

Les trames vertes feront l'objet de dispositifs réglementaires spécifiques: protection juridique par le SCOT et les PLU, zone de patrimoine viticole protégé pour éviter ies friches urbaines, droit de préemption étendu.

2. Gestion des espaces publics.

Sur ce point, deux échelles sont à mettre en avant :

  • échelle agglo : politique du renforcement et de la protection des trames vertes et des coupures urbaines et interurbaines avec création de circuits de randonnée.
  • Replantation massive et reforestation d'espaces délaissés ou de friches agricoles pour favoriser le développement de la biodiversité (objectif: 100 ha en 2015) ; Echelle ville: d'abord avec le développement ou le réaménagement de parcs urbains du type de St Vicens, mais aussi la confirmation des orientations actuelles autour de la conception et du traitement des espaces verts: développement des espèces méditerranéennes, recherche d'économies d'eau et de réutilisation des eaux pluviales pour les opérations de nettoiement des espaces publics.
    Confortement de la trame verte via la création de nouveaux espaces verts, la gestion préventive de la trame arborée; réduction de l'usage d'engrais et de produits phytosanitaires; Développement des brigades vertes et régies de quartier chargées de l'entretien des espaces publics; formation d'équipes chargées de la mise en oeuvre de la police de l'environnement.

3. Cohésion et insertion sociales.

La ville n'est durable que si elle est solidaire. Le programme local de l'habitat, le programme de rénovation urbaine définissent les actions, les opérateurs et les budgets d'une politique ambitieuse de reconquête des quartiers où se sont concentrées les précarités. Au delà des actions d'aménagement, d'équipements et de restructuration du patrimoine de logements (démolition, reconstruction, réhabilitation, diversification) trois volets seront renforcés :

- les programmes de réussite éducative;
- les actions de formation et d'accompagnement vers l'emploi;
- le monde associatif à but social, avec, notamment, un soutien aux régies de quartier,

L'intégration d'une clause d'Insertion dans les marchés publics sera généralisée.