Sour Tyr
Carte d'identité :
Sour, connue en France sous le nom de Tyr, ville du sud du Liban, sur la mer Méditerranée, est un port de pêche important et un marché pour les productions de l'agriculture locale. Située à une dizaine de km de la frontière sud du pays, elle a subi les effets successifs de la guerre civile et du conflit avec Israël. La ville a cependant prospéré et compte aujourd'hui environ 100.000 habitants.
Tyr était la cité la plus importante de l'ancienne Phénicie. Une tradition fait remonter l'origine de Tyr au XXVIII siècle av.J.-C. Ses vestiges archéologiques sont considérés par l'Unesco parmi les sites du patrimoine mondial.
Tyr n'a pas de site officiel.
Histoire des relations avec Perpignan :
La charte d'amitié et de coopération entre Perpignan et Tyr a été signée le 15 novembre 1997. Le souhait du maire de Perpignan d'établir des contacts avec des villes de la Méditerranée a trouvé un écho auprès de Tyr qui recherchait un partenariat avec une ville du sud de la France. Les liens historiques qui unissent la France au Liban trouvent dans le jumelage entre villes une nouvelle occasion de s'exprimer et de soutenir la population libanaise que les conflits n'ont pas épargnée.
Temps fort :
- L'accueil d'une délégation officielle de Tyr à Perpignan en 1997
- La donation à Tyr de véhicules sanitaires et de transport en 1998
- La visite d'une délégation officielle de Perpignan à Tyr en 1999
- La participation de la ville de Tyr à la Foire de Perpignan 2002. A cette occasion, la création d'un réseau de soutien au développement urbanistique de Tyr a été évoquée entre les villes de Perpignan, Hanovre, Lancaster et Tavira ainsi que la Generalitat de Catalunya.
Mission d'archéologie sous-marine à Tyr (Liban) du professeur Cyr DESCAMPS et de son équipe.
L'Archéologie sous-marine approfondit le partenariat entre Perpignan et Tyr !
La mission envoyée par la ville de Perpignan pour proposer une collaboration à la ville de Tyr dans l'étude et la mise en valeur de son patrimoine sous-marin a séjourné au Liban du 26 septembre au 13 octobre 2003.
Elle était composée de quatre membres de l'Association pour les Recherches Sous-Marines en Roussillon (ARESMAR) :
- Cyr DESCAMPS, maître de conférences honoraire à l'Université, responsable scientifique.
- Charles CAMILLERI, archéologue-plongeur, responsable technique.
- Jean SICRE, archéologue-plongeur, responsable plongée et audio-visuel.
- Dr Noëlle FRANCIS-SICRE, cardiologue, qualification hyperbare en cours.
Pendant la première semaine, M. Jaoudat MELHEM, vice-président de l'Association Franco-Libanaise d'Amitié et de Coopération a accompagné la mission, et son concours a été déterminant pour le bon déroulement de celle-ci.
La mission a bénéficié d'une subvention de la ville de Perpignan et du concours financier et technique du Conseil Régional des P.-O., de la Fédération Française d'Etudes et Sports Sous-Marins (FFESSM), des deux Associations impliquées (Association Franco-Libanaise et ARESMAR) et de l'entreprise perpignanaise Eau Sea Bleue Production.
Elle a été accueillie, hébergée, transportée, guidée dans des conditions exceptionnelles de confort, d'efficacité et de cordialité par la Municipalité de Tyr, dont le maire, Abed El Mohsen EL HUSSEINI est un ami personnel du sénateur-maire de Perpignan Jean-Paul ALDUY.
Le concours des pêcheurs de Tyr, qui connaissent bien les fonds a été précieux lors des sorties en mer : huit ont effectuées, avec 24 plongées en scaphandre autonome, et un temps cumulé d'immersion de 29 heures.
Des difficultés administratives ont empêché la mise en oeuvre d'un appareil de dévasage amené par la mission pour réaliser des sondages stratigraphiques, ce qui aurait constitué une "première" dans les eaux tyriennes ; le résultat des investigations préliminaires n'en est pas moins substantiel et prometteur, digne du passé cinq fois millénaire de ce port phénicien.
Au nord de la presqu'île, les plongées dans le "port sidonien" ont permis de préciser la structure d'un môle aujourd'hui immergé, long de 50 m, détecté dès les années 1930 par un pionnier de la prospection aérienne, le R.P. POIDEBARD. Un programme d'étude va pouvoir être proposé.
Au sud de la presqu'île, dans le "port égyptien", a été découvert un fragment de virure de bordé (planche constitutive de la coque d'un navire) dont la technique d'assemblage à franc-bord est typique de la constructions navale romaine. Nos informateurs nous ont signalé un élément de même nature, de beaucoup plus grande dimension, enfoui sous un mètre de sable. Il est donc possible de prévoir une opération de fouille sur ce qui serait la première épave antique inventoriée à Tyr.
Enfin, bénéficiant du concours d'un pêcheur qui avait fréquenté les parages il y a plus de vingt ans, la mission a localisé un site de naufrage à plusieurs kilomètres du rivage par plus de 30 m de profondeur et a recueilli, outre des fragments d'amphores datables de l'âge du Fer (VIIe siècle avant notre ère), deux éléments de statuettes en terre cuite. Ils ont été remis à la Direction Générale des Antiquités qui dispose maintenant d'informations conséquentes pour prévoir la protection et l'étude d'un site malheureusement pillé depuis plusieurs années. On peut en espérer un éclairage supplémentaire sur la grande époque de Tyr, quand les marins phéniciens commerçaient dans toute la Méditerranée, et même au delà des Colonnes d'Hercule (Gibraltar)
Le problème du pillage est au centre des préoccupations des autorités, et nous avons pu remettre à celles-ci une demi-douzaine d'objets en bois gorgé d'eau, très fragiles si on ne les maintient pas en immersion ou si on ne procède pas à un traitement conservateur ; ces objets nous avaient été confiés par des fouilleurs non autorisés mais conscients des risques encourus par ces objets, par ailleurs invendables.
La mission a enregistré plus de trois heures de vidéo et pris environ 500 photos numériques. Pour ce faire, elle a bénéficié du concours de l'entreprise Eau Sea Bleue, nouvellement installée sur le parc d'activités de Technosud à Perpignan, dont l'animateur, Cyril TRICOT, est un membre de longue date de l'ARESMAR. La commission archéologie de la FFESSM (Patrick FAYRET) a également prêté du matériel. Un film vidéo d'une quinzaine de minutes va être monté et présenté dans les deux villes partenaires.
Beaucoup reste à faire pour que la ville de Tyr puisse mettre en valeur un passé maritime exceptionnel. Des chercheurs et techniciens libanais devront êtres formés aux techniques de la fouille stratigraphique, de la conservation et restauration du mobilier, de la muséographie ; la ville de Perpignan (service municipal d'archéologie), l'Université (Centre de Recherches Historiques sur les Sociétés Méditerranéennes), le Centre Européen de Recherches Préhistoriques (Tautavel) pourront intervenir dans leurs spécialités. Pour sa part, l'équipe de l'ARESMAR est prête à proposer un programme pluriannuel de fouilles et demander le soutien de la France (Ministère des Affaires Etrangères) et de l'UNESCO, Tyr étant inscrit sur la liste du patrimoine mondial depuis 1984.


